Les effets du soleil sur la peau

Publié le par esthéticienne expert anti-âge

Il vous reste encore une chance d’informer vos clientes avant leurs vacances des effets visibles et invisibles du soleil. Lisez cet article que nous a adressé le Laboratoire Bioderma. Il est infiniment clair. Tous les cas sont passés en revue : l’érythème, la lucite estivale bénigne, le vieillissement photo-induit, les cancers cutanés, les actions délétères des UV au niveau cellulaire, la baisse des défenses immunitaires. Au moins, grâce à vous, vos clientes seront informées et pourront doser leur temps d’exposition. 

 

En fonction du type de peau et des conditions d’ensoleillement, l’excès de soleil, voire la simple exposition au rayonnement UVA/UVB, constituent de véritables enjeux de santé publique, tant leurs conséquences à long terme peuvent être graves.

 

Essentiel à la vie, le soleil diffuse des rayonnements lumineux qui sont en partie filtrés par l’atmosphère avant d’arriver à la surface de la Terre.

Parmi ceux qui parviennent jusqu’à nous, seuls les UVA, les UVB, le visible et les infrarouges influent sur l’organisme.

La peau est l’un des premiers organes humains à entrer en contact direct avec le soleil ; les UV ont alors diverses actions sur les cellules cutanées. Plus de 90 % des UVB sont stoppés par l’épiderme.

Les UVA atteignant la peau pénètrent plus profondément dans l’organisme ; 20 % d'entre-eux parviennent jusqu'au derme.

Ces rayonnements ont des effets bénéfiques : les UVB favorisent la synthèse de la vitamine D indispensable à la fixation du calcium sur les os, la lumière visible possède un effet anti-dépresseur, et les infrarouges ont une action calorifique qui se traduit par une augmentation de la température cutanée (ils peuvent jouer le rôle de signal d’intensité du rayonnement pour éviter le coup de soleil). Cependant, le soleil peut provoquer d’importants dégâts qui, pour les plus graves d’entre eux, se révèlent dramatiques.

 

Les effets visibles du soleil

 

Les effets à court terme

 

L’érythème

 

Communément appelé coup de soleil, l’érythème solaire est un des signes révélant l’abus de soleil. L’érythème solaire résulte de l’exposition excessive de la peau au rayonnement solaire : les UVB bien sûr, mais également les UVA.

L’intensité de l’érythème solaire dépend de la durée et de l’intensité de l’exposition (saison, heure, latitude, altitude) et du phototype (c’est-à-dire le type de sensibilité d’un sujet à l’action des rayons du soleil). Dans des conditions d’ensoleillement identique, une personne au teint très clair déclenchera plus rapidement un érythème solaire qu’une personne au teint mat.

Signes cliniques de l'érythème (fig.1)

 

Signes cliniques

Au-delà d’une certaine dose d’UVB et d’UVA absorbée par la peau, les vaisseaux sanguins de la zone exposée au soleil se dilatent, entraînant des rougeurs et des douleurs plus ou moins importantes.

De très nombreuses cellules sont détériorées ; elles seront par la suite évacuées à la surface de l’épiderme sous forme de squames. La peau pèle. Les érythèmes solaires les plus graves peuvent se traduire par des brûlures touchant les couches les plus profondes de la peau. Des cloques peuvent alors apparaître (fig. 1).

 

La lucite estivale bénigne

 

Considérée comme la plus fréquente et la plus banale des lucites, la lucite estivale bénigne (LEB) touche 10 % de la population adulte. 90 % des cas sont des femmes dont la plupart ont entre 20 et 35 ans. Cette affection apparaît en été, généralement moins de 12 heures après la première exposition solaire intense et prolongée (bain de soleil) de la saison.

Signes cliniques de la lucite estivale bénigne (fig.2)

 

Signes cliniques

La LEB se manifeste par de petites papules rougeâtres qui démangent intensément au point de parfois gêner le sommeil. Elles sont situées au niveau des zones exposées et tout particulièrement au niveau de décolleté, des avant-bras, du dos des mains et des pieds. Bien qu’également soumis au rayonnement solaire, le visage reste presque toujours épargné.

Au bout d’une quinzaine de jours sans exposition solaire, l’éruption disparaît sans laisser de cicatrices. Dans des conditions similaires d’ensoleillement, la LEB récidive souvent plusieurs années de suite (fig. 2). 

 

Les effets à long terme 

 

Le vieillissement photo-induit

 

Il existe deux types de vieillissement de la peau : le vieillissement intrinsèque, dû à l’âge, et le vieillissement extrinsèque, induit par les conditions extérieures. Une des principales causes du vieillissement extrinsèque est l’exposition au rayonnement solaire. Ce phénomène est alors appelé vieillissement photo-induit, ou héliodermie. Il résulte d’un excès d’exposition au rayonnement solaire et plus particulièrement aux UVA.

Signes cliniques du vieillissement photo-induit (fig.3)

 

Signes cliniques

Au niveau des zones exposées au soleil (visage, nuque, mains), la peau devient jaunâtre, perd son élasticité, s’assèche, s’épaissit ; les rides sont en général profondes et des taches brunes apparaissent, au niveau des mains et du visage.

En revanche, au niveau des zones protégées (la face interne des bras, par exemple), les symptômes sont totalement différents, ils correspondent à un vieillissement intrinsèque. La peau est très fine, sans tonicité, sans élasticité et très claire. Elle présente de fines rides (fig. 3).

 

Les cancers cutanés

 

Les cancers cutanés sont les cancers les plus fréquemment rencontrés ; plus de deux millions de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année dans le monde. En Europe, les cancers de la peau augmentent de 5 % à 7 % par an ; ils sont, avec les cancers du poumon, ceux qui progressent le plus vite. Il existe deux types de cancers cutanés : les carcinomes (qui touchent les kératinocytes) et les mélanomes (qui se développent à partir des mélanocytes).

• Les carcinomes

Plus de 90 % des cancers cutanés diagnostiqués sont des carcinomes. Les radiations responsables de ces cancers cutanés sont principalement les UVB, mais les UVA qui pénètrent plus profondément dans la peau jouent également un rôle important.

Avec 70 cas pour 100 000 personnes, les carcinomes baso-cellulaires représentent 57 % des cancers cutanés en France. Ils donnent rarement des métastases car leur propagation est très lente.

Les cancers spino-cellulaires représentent 33 % des cancers cutanés en France. Contrairement aux carcinomes baso-cellulaires, ils se développent plus rapidement. Ils sont sensibles aux traitements anti-cancéreux.

Signes cliniques de carcinomes baso-cellulaires (fig.4)Signes cliniques
Ils sont de deux types :

  • Les carcinomes baso-cellulaires prennent la forme d’une petite perle ou d’une zone blanchâtre ou d’une ulcération qui ne cicatrise pas (fig. 4).
  • Les carcinomes spino-cellulaires ressemblent à une croûte sur le point de saigner (fig. 5).

Signes cliniques des carcinomes spino-cellulaires (fig.5)

• Les mélanomes

En France, 7 000 nouveaux cas de mélanomes sont diagnostiqués par an. Légèrement plus fréquent chez l’homme (54 %), ils sont découverts généralement entre 30 et 50 ans. Beaucoup plus dangereux que les carcinomes, les mélanomes parviennent à se propager à d’autres organes en quelques mois, voire en quelques semaines, et devenir alors incurables. Ils se développent à partir des mélanocytes, cellules synthétisant les pigments responsables du bronzage de la peau.

L’excès de soleil est clairement identifié comme une des causes principales augmentant les risques d’apparition des mélanomes.

Les UVA et les UVB provoquent des modifications dans l’ADN des mélanocytes (cellules fabriquant la mélanine responsable de la pigmentation cutanée) qui provoquent une multiplication incontrôlée de ces cellules. Des expositions solaires brutales et intenses pendant l’enfance semblent augmenter considérablement le risque d’apparition de mélanomes à l’âge adulte. Elles entament dangereusement le patrimoine solaire (fig. 6).

Signes cliniques des mélanomes (fig.6)Signes cliniques
Dans la plupart des cas, les mélanomes sont des tumeurs pigmentées de forme asymétrique, visibles à la surface de la peau. Leurs contours sont irréguliers, leur diamètre est supérieur à 6 millimètres et leur couleur n’est pas homogène : rouge, marron et noir cohabitent. Ils résultent parfois de l’évolution d’un grain de beauté qui change d’aspect, de couleur et devient rugueux.

 

Les effets invisibles du soleil

 

Les effets invisibles à court ou long terme sont le résultat de l’agression répétée des UV au niveau des cellules de la peau. Mais, quel que soit le phototype de votre cliente, avant même l’apparition de l’érythème solaire ou du bronzage, les UV commencent déjà à entraîner des altérations cellulaires et une baisse des défenses immunitaires qui ne sont pas perçues. Les peaux claires ou intolérantes au soleil, comme les peaux mates ou hâlées, sont toutes concernées par ces agressions invisibles.

 

Les actions délétères des UV au niveau cellulaire

 

La production de radicaux libres

 

Les UVB mais surtout les UVA pénètrent en profondeur dans la peau et génèrent des éléments très agressifs : les radicaux libres.

 

Si la quantité d’UV reçus reste inférieure à un certain seuil, la production de radicaux libres est maîtrisée par l’organisme ; au-dessus du seuil, ils deviennent nocifs.

 

Dans le derme, les radicaux libres peuvent alors provoquer la dégradation des fibres de collagène et d’élastine constitutives du derme.

 

Cette altération structurale se traduit par l’apparition des rides et la diminution de l’élasticité de la peau : c’est le vieillissement photo-induit.

 

Dans l’épiderme, les radicaux libres peuvent également provoquer des lésions au niveau des membranes cellulaires, des protéines et de l’ADN et de manière générale altérer les principales fonctions cellulaires.

 

L’altération de l’ADN

 

L’ADN constitue le patrimoine génétique de la cellule. Localisé dans le noyau cellulaire, l’ADN est le «cerveau» qui dirige la vie de la cellule. Son intégrité est donc vitale. Les radicaux libres induits par les UVA peuvent endommager l’ADN.

 

Les UVB sont capables de l’atteindre directement au coeur du noyau et de provoquer des lésions.

 

Si elles sont trop nombreuses, la cellule peut mourir ou devenir tumorale, c’est-à-dire se multiplier de manière anarchique, si les lésions touchent certains gènes majeurs.

 

Très dangereuses, les cellules tumorales peuvent alors contribuer au développement d’un cancer cutané.

 

La baisse des défenses immunitaires

 

L’organisme est en permanence en contact avec des éléments potentiellement agressifs. Il se défend grâce à son système immunitaire.

Dans la peau, les cellules de Langerhans sont la clef de l’immunité. Elles jouent le rôle de «sentinelle» ; elles surveillent la peau vis-à-vis des allergènes potentiels ainsi que des molécules étrangères à la peau.

Quand les cellules de Langerhans détectent un corps étranger ou une cellule devenue tumorale, elles préviennent le système immunitaire afin que celui-ci déclenche une réponse de défense rapide et adaptée.

 

 Ces cellules sentinelles sont donc essentielles à la protection contre la dérive des cellules de la peau et de notre organisme.

 

En présence d’UV, les cellules de Langerhans sont agressées. En cas d’exposition intense, elles disparaissent de l’épiderme pendant 72 heures environ, temps nécessaire à leur recolonisation.

La peau n’est alors plus protégée contre les «intrusions ennemies» et la détection des cellules tumorales.

En cas d’exposition plus faible, les cellules de Langerhans sont présentes mais altérées ; elles sont alors moins fonctionnelles et moins aptes à prévenir le système immunitaire du danger.

 

Si le système de défense ne réagit pas, l’organisme peut être confronté à une infection (c’est le cas des poussées d’herpès) ou encore une amorce tumorale. Dans ce dernier cas, les cellules transformées qui ne sont plus sous contrôle se multiplient anormalement et peuvent finir par former une tumeur.

 

Conclusion

Même avec un photoprotecteur garantissant une très haute protection contre les coups de soleil, un faible pourcentage d’UVB et d’UVA parvient à pénétrer dans l’épiderme et le derme, risquant d’engendrer des dégâts au niveau des cellules.

 

 Bien qu’invisibles sur le moment, les effets délétères apparaîtront à long terme, quel que soit le phototype de la personne qui s’expose au soleil.

 

 Les photoprotecteurs ne doivent donc pas se limiter à garantir une protection de qualité contre les UVB, ils doivent également s’opposer efficacement contre les UVA et limiter l’altération des cellules de la peau, cause du vieillissement cutané accéléré et des cancers de la peau.

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