L'hydratation, une composante majeure du vieillissement cutané

Publié le par Claire, esthéticienne expert en soin anti-âge

À tout âge, la peau a besoin d’eau pour garder la forme et son apparence : une peau bien hydratée paraît plus jeune qu’une peau déshydratée. Ce phénomène s’accentue avec l’âge car plus la peau vieillit, plus elle se déshydrate et plus elle se marque avec l’apparition de nouvelles rides et ridules.

 

 

Indispensable pour préserver à la peau sa souplesse, sa douceur, sa tonicité et son aspect, l’hydratation est un phénomène complexe qui peut être résumé comme un flux d’eau constant depuis le derme jusqu’à l’épiderme et qui s’exprime par le pourcentage d’eau au niveau des couches superficielles de l’épiderme : la couche cornée.

On considère qu’une peau est bien hydratée lorsque ce pourcentage est de 13 %. Avec l’âge, ce taux décroît pour atteindre parfois 10 %, voire moins chez le sujet âgé (7 %). La peau doit combattre au quotidien des agressions journalières et saisonnières, comme le vent, le soleil, la réverbération, la chaleur, la pollution, le chauffage, les écarts de température, qui viennent diminuer sa réserve d’eau. Bien hydratée, la peau traverse mieux les années, alors que la déshydratation est une véritable porte d’entrée aux rides : la couche cornée se contracte, se creuse, se ridule. Les signes du vieillissement cutané s’amplifient visiblement.

Le taux d’hydratation cutanée s’exprime en surface, mais c’est en profondeur que tout commence. Avant d’arriver dans les couches superficielles de l’épiderme, l’eau suit un circuit bien établi. Ce cheminement fait intervenir de nombreuses structures et mécanismes. Il prend naissance dans les couches profondes de la peau puisque l’eau transite depuis le flux sanguin jusqu’à la surface de la peau à travers le derme et l’épiderme puis s’évapore de façon imperceptible (perte insensible en eau ou PIE).

L’eau en provenance de la circulation sanguine est tout d’abord stockée dans le derme qui représente le véritable réservoir en eau de la peau avec presque 70 % de l’eau totale. Cette eau passe la Jonction Dermo-Épidermique (JDE) pour atteindre les couches profondes de l’épiderme. Elle sera ensuite prise en charge par des transporteurs pour atteindre la couche cornée, où elle y sera «capturée» et maintenue grâce à différents composés comme les NMF, le ciment intercellulaire et le film hydrolipidique.

 

 

Le processus d’hydratation cutanée naturelle se fait en 3 étapes clés :

 

1 - la diffusion de l’eau à partir du derme, véritable réservoir d’eau, vers les couches profondes de l’épiderme par l’intermédiaire de la Jonction Dermo-Épidermique (JDE),

 

2 - la migration de cette eau des couches profondes de l’épiderme vers les couches superficielles grâce à des systèmes de transport (les aquaporines),

 

3 - le maintien de l’eau dans la couche cornée grâce à des composants spécifiques.

 

I - Jonction Dermo-Épidermique (JDE)

Jonction dermo-épidermique (JDE)À la jonction du derme et de l’épiderme se trouve une structure particulière appelée la Jonction Dermo-Épidermique : JDE.

La JDE est la membrane qui sépare le derme de l’épiderme. Schématiquement, c’est une plaque sur laquelle vont se fixer :

  • d’un côté, les kératinocytes de l’épiderme, grâce à l’intervention d’éléments «adhésifs», les hémi-desmosomes, et de filaments d’ancrage (collagène de type IV),
  • de l’autre côté, des fibres de collagène I et de collagène III en provenance du derme.

Cette structure peut être comparée à un véritable système d’attache «velcro» qui assure :

  • une solide cohésion entre le derme et l’épiderme,
  • une surface d’échange très importante entre ces deux structures, qui va permettre le passage des nutriments (vitamines, oligo-éléments...) en provenance de la circulation sanguine mais aussi le passage vers l’épiderme de l’eau stockée dans l’immense réservoir que représente le derme.

• Avec l’âge

La JDE subit des modifications importantes avec une réduction de «la force d’accroche» entre le derme et l’épiderme.

On observe :

  • une diminution de l’adhésion des kératinocytes avec la matrice,
  • une diminution de la synthèse des fibrilles d’ancrage. Cette perte de contact progressive entre le derme et l’épiderme entraîne une réduction de la surface d’échange entre ces deux couches cutanées et une diminution importante du passage de l’eau du derme vers l’épiderme. La peau se déshydrate.

II - Les aquaporines

 

Les aquaporines sont des protéines qui forment d’astucieux canaux où seules les molécules d’eau peuvent se faufiler, une à une, sans entraîner d’autres éléments cellulaires.

Il existe plusieurs types d’aquaporines, aujourd’hui environ 200 aquaporines ont été découvertes aussi bien dans le règne végétal qu’animal.

 

De nombreuses cellules humaines expriment ces protéines et l’on a, pour le moment, identifié 12 aquaporines différentes chez l’homme. Découvertes au niveau des globules rouges en 1988, ce n’est que 15 ans plus tard que cette découverte fut récompensée par un prix Nobel de chimie (Peter Agre, prix Nobel de Chimie 2003).

 

Dans la peau, on trouve presque exclusivement l’aquaporine de type III. Ces aquaporines se trouvent en quantité importante dans les couches profondes de l’épiderme et plus on va vers les couches supérieures, plus leur concentration est faible. Localisées au niveau des membranes cellulaires, les aquaporines sont de véritables molécules «passeuses d’eau».

 

Leur rôle est de réguler l’équilibre hydrique de la peau en garantissant la répartition de l’eau des couches profondes aux couches supérieures de l’épiderme et cela même dans des conditions extrêmes.

 

Arrivée au niveau de la couche cornée, l’eau est ensuite prise en charge par des structures spécifiques :

  • les NMF,
  • le ciment intercellulaire (céramides),
  • le film hydrolipidique.

• Avec l’âge

Dès 30-35 ans, comme toutes les structures épidermiques, l’expression des aquaporines subit un fort ralentissement avec des répercussions importantes sur le taux d’hydratation cutanée et l’aspect de la peau.

La circulation hydrique est perturbée avec une nette diminution de la quantité d’eau transportée des couches profondes vers les couches superficielles de l’épiderme. La peau se déshydrate.

 

III - La couche cornée

 

La couche cornée est la couche la plus superficielle de l’épiderme, elle est constituée essentiellement de cellules appelées cornéocytes, liées entre elles par des lipides épidermiques.

Arrivée au niveau de la couche cornée, l’eau est attirée et retenue dans les cornéocytes grâce à un double phénomène d’osmose et d’attraction par des éléments hygroscopiques intercellulaires (urée, acide lactique...) regroupés sous le nom de NMF (Natural Moisturizing Factors). L’action des NMF est complétée par celle du ciment intercellulaire et du film hydrolipidique qui permettent de maintenir l’eau dans les couches supérieures de l’épiderme.

 

Les NMF

 

Natural Moisturizing Factors ou facteurs naturels d’hydratation sont des agents naturellement synthétisés par la peau pour capter l’eau dans la couche cornée. Parmi ces éléments, on trouve les composés suivants :

  • acides aminés libres (40 %),
  • acide pyrrolidone carboxylique (12 %),
  • urée (7 %), - lactates (12 %),
  • sucres (3,5 %),
  • oligo-éléments (12 %),
  • chlorure (6 %).

Trois de ces composants, l’acide pyrrolidone, l’urée et des lactates, possèdent un fort pouvoir hydratant de par leur action hygroscopique (ils peuvent retenir jusqu’à 70 % de leur poids en eau).

 

Le ciment intercellulaire et les céramides

 

La couche cornée peut être assimilée à un mur constitué de briques : les cornéocytes, solidement maintenues entre elles par un ciment constitué de lipides épidermiques : le ciment intercellulaire.

Synthétisé pendant le processus de kératinisation, ce ciment forme une barrière lipidique, qui régule la perméabilité de la peau grâce à sa composition : 25 % d’acides gras libres, 25 % de cholestérol et 40 % de céramides (sphingolipides) dont le constituant principal est l’acide linoléique. Le «complexe» ainsi constitué par les cornéocytes, les NMF et les lipides épidermiques est fondamental pour réguler le passage de l’eau et des fluides à travers la peau. La présence et la cohésion de ce «complexe» assurent la fonction de barrière cutanée grâce à une double action :

  • s’opposer à la perte en eau transcutanée,
  • protéger la peau des agressions extérieures.

Ces actions sont complétées par celle du film hydrolipidique.

 

Le film hydrolipidique

 

Le film hydrolipidique est une émulsion naturelle, formée d’eau et de lipides, qui recouvre la surface de la peau :

  • la partie aqueuse, fraction hydrosoluble, provient à la fois de la perspiration cutanée et de la sécrétion sudorale,
  • la partie lipidique, fraction liposoluble, provient du sébum de la synthèse épidermique de lipides.

Cette partie lipidique, dont la composition varie avec l’âge, forme environ 60 % du film lipidique rencontré à la surface de la peau humaine.

Indispensable pour assurer la souplesse de la peau, la fonction principale du film hydrolipidique est de retenir l’eau à la surface de la peau et d’empêcher sa déshydratation.

 

• Avec l’âge

 

La production de ces composants se réalise au cours de la kératinisation. Avec l’âge, ce processus est plus lent et se réalise de moins en moins bien, les NMF, les lipides épidermiques... sont synthétisés en qualité et en quantité insuffisantes. La peau n’est plus en mesure de capter et maintenir l’eau dans la couche cornée.

La peau est sèche et se déshydrate.

 

Conclusion

 

L’âge entraîne des répercussions importantes sur les structures impliquées dans le maintien et la régulation de

l’hydratation cutanée.

La peau se déshydrate et son vieillissement s’accélère.

La couche cornée se «rétracte», se creuse, se ridule : la peau se «dégonfle» et perd son aspect rebondi.

Pour reprogrammer l’hydratation en profondeur et regonfler la peau de l’intérieur, conseillez à vos clientes, et appliquez vousmême en cabine, des produits de soins hydratants anti-âge.

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